institution-la-providence.fr est un site éditorial indépendant. Il n'a aucun lien avec l'établissement, l'organisme ou la personne dont le nom rappelle cette adresse.
NB NextStep Business
Éducation & Emploi

MSc finance et investissement : choisir son école selon le métier visé, pas seulement le classement

Clémence de Villeneuve 7 min de lecture
MSc finance et investissement : choisir son école (portfolio, graphiques financiers)

Publié par : — Rédactrice spécialisée en éducation & Emploi

Un MSc finance et investissement prépare à analyser des entreprises, évaluer des actifs et prendre des décisions financières. Mais deux programmes aux intitulés voisins peuvent conduire vers des métiers très différents. Pour choisir, croisez d’abord votre objectif professionnel avec les cours, la reconnaissance du diplôme, l’expérience en entreprise et le coût total du parcours.

Partir du métier visé pour choisir sa spécialisation

Le MSc, ou Master of Science, est une formation spécialisée généralement organisée sur 1 à 2 ans, avec une admission après un bac+3 ou un bac+4 selon le parcours. Souvent enseigné en anglais, il s’adresse notamment aux diplômés en gestion, économie ou ingénierie souhaitant approfondir la finance. Son intitulé ne suffit toutefois pas à identifier son orientation.

MSc finance et investissement : comparaison des spécialisations et des métiers associés
MSc finance et investissement : comparaison des spécialisations et des métiers associés
Orientation Ce que l’on apprend Métiers à cibler
Finance d’entreprise Analyser les comptes, valoriser une société, construire un financement Analyste financier, consultant financier, analyste en direction financière
Banque d’investissement Modéliser une acquisition, préparer une levée de fonds ou une introduction en bourse Analyste M&A, analyste en financement, conseil en transactions
Gestion d’actifs et marchés Construire un portefeuille, analyser les titres, mesurer les risques Analyste investissement, analyste risques, assistant gérant
Gestion de patrimoine Évaluer les placements et adapter les allocations au profil du client Analyste patrimonial, conseiller en gestion de patrimoine

La banque d’investissement accompagne notamment les opérations de financement et de rapprochement d’entreprises. La finance de marché s’intéresse davantage aux instruments échangés, à leur valorisation et à la gestion des expositions. Le private equity, ou capital-investissement, porte sur des entreprises non cotées : il mobilise l’analyse stratégique et la modélisation financière.

Le choix du campus peut produire un effet domino : il conditionne les spécialisations accessibles, puis le calendrier des stages, les rencontres professionnelles et les possibilités de recrutement local. Avant de privilégier une destination, remontez cette chaîne à l’envers : où recrutent les employeurs visés, quelles expériences attendent-ils, et quel parcours permet réellement de les obtenir ?

Examiner les compétences acquises, au-delà des intitulés de cours

Du diagnostic financier à la recommandation d’investissement

Un programme solide doit articuler comptabilité, analyse financière, valorisation, gestion de portefeuille et gestion des risques. L’enjeu est de passer d’une donnée brute à une recommandation argumentée : faut-il investir, à quel prix et avec quelles limites ? Les critères ESG, environnementaux, sociaux et de gouvernance, doivent aussi être reliés à l’analyse des entreprises et des investissements.

En banque d’investissement, recherchez des applications sur les fusions-acquisitions, les introductions en bourse et les LBO, ces acquisitions financées en partie par la dette. Pour les marchés, examinez la place des options, contrats à terme et swaps, ainsi que leur utilisation pour couvrir une exposition plutôt que simplement spéculer.

Des outils pratiqués, pas seulement mentionnés

Excel et VBA servent notamment à construire des modèles financiers ; Python et R permettent de traiter et d’analyser des données. Bloomberg facilite l’accès aux informations de marché. Demandez quels travaux sont effectivement réalisés : modèle de valorisation, analyse de portefeuille, simulation de couverture ou présentation devant un jury. L’accès à un outil ne garantit pas sa maîtrise.

Une préparation au CFA peut compléter le cursus, notamment pour l’analyse financière et la gestion d’actifs. Elle ne signifie ni que l’examen est automatiquement inclus dans les frais, ni que le diplôme délivre la certification. Vérifiez les niveaux préparés, les heures dédiées et les conditions de prise en charge.

Comparer les écoles avec des critères vérifiables

Les programmes de l’EMLV, de Grenoble Ecole de Management, d’Audencia et de SKEMA présentent des orientations différentes. Ce tableau constitue un point de départ ; les modalités doivent être confirmées pour la rentrée et le campus choisis.

Programme Repères utiles Points à vérifier
EMLV — MSc Finance & Investment 12 mois, 90 ECTS ; accès après bac+4, BBA ou Master 1 ; label MSc de la Conférence des grandes écoles Calendrier, frais, stage et place des enseignements quantitatifs
GEM — MSc Finance and Investment Banking 1 à 2 ans ; accès bac+3 à bac+4 ; Grenoble et Paris ; tarifs à partir de 13 750 € Coût du parcours complet et disponibilité par campus
Audencia — MSc Corporate Finance and Investment Banking Orientation finance d’entreprise et banque d’investissement Durée, admission, campus, frais et reconnaissance du diplôme délivré
SKEMA — MSc Financial Markets & Investments 4 sites et 5 spécialisations annoncés ; diplôme bac+5, niveau 7 et grade de Master ; RNCP n°41056 Spécialisation par site, mobilité et conditions du parcours CFA

Distinguer label, diplôme et accréditation

Label MSc, grade de master et certification RNCP ne sont pas interchangeables. Le label MSc de la Conférence des grandes écoles encadre une formation ; le grade de master relève d’une reconnaissance académique précise ; le RNCP renseigne sur une certification professionnelle. Demandez l’intitulé exact du diplôme remis et la validité de sa reconnaissance pour votre promotion.

GEM mentionne les accréditations EQUIS, AACSB et AMBA. Ces reconnaissances institutionnelles ne remplacent pas la vérification du programme choisi. De même, un classement doit être lu avec son périmètre : compare-t-il l’école, un MSc particulier ou une catégorie de formations ?

Évaluer l’expérience professionnelle et le budget réel

Le stage, l’alternance et les projets appliqués ne proposent pas la même expérience. L’alternance n’est pas systématiquement disponible en MSc : faites confirmer le rythme, l’éligibilité du parcours et les conditions de contractualisation. Un cursus à temps plein peut intégrer un stage sans permettre l’alternance.

GEM annonce une expérience terrain de 3 à 6 mois par an. L’école indique également que 97 % des étudiants en MSc Finance trouvent un emploi dans les 6 mois et que 34 % des diplômés poursuivent une carrière à l’international. Pour interpréter ces résultats, demandez la promotion concernée, le taux de réponse et les postes effectivement occupés.

Chez SKEMA, une expérience professionnelle de 8 à 9 mois est possible en première année selon le parcours. Aux États-Unis, l’OPT peut aller jusqu’à 12 mois pour les étudiants admissibles ; cette possibilité reste soumise aux conditions applicables et ne constitue pas une garantie d’emploi.

Le budget doit additionner scolarité, logement, transport, assurance, mobilité internationale et éventuels examens de certification. Le tarif GEM annoncé à partir de 13 750 € doit être rapproché de la durée retenue. Pour chaque école, demandez un devis complet, les échéances, les conditions de remboursement et les bourses accessibles avant d’envisager un prêt.

Préparer une candidature cohérente avec son profil

Les prérequis diffèrent selon le niveau d’entrée. Un diplômé en gestion peut devoir renforcer ses statistiques ; un ingénieur, sa comptabilité et son analyse financière. L’anglais doit permettre de suivre les cours, rédiger des analyses et défendre une recommandation à l’oral. Vérifiez le test accepté et le score demandé, sans supposer qu’ils sont identiques partout.

  1. Confirmer son admissibilité : diplôme, niveau d’études, prérequis quantitatifs et éventuelle expérience professionnelle.
  2. Préparer les justificatifs demandés : relevés de notes, diplôme, CV, motivation, preuve d’anglais et recommandations éventuelles.
  3. Travailler l’entretien : expliquer le métier ciblé et son lien avec les enseignements du programme.
  4. Vérifier le calendrier : sessions de sélection, rentrée, acompte, visa éventuel et recherche de stage ou d’alternance.

Avant de candidater, demandez la brochure détaillée et échangez avec l’équipe admissions, puis avec des diplômés du parcours envisagé. Une décision solide repose sur quatre confirmations : le bon contenu, une reconnaissance clairement identifiée, une expérience professionnelle adaptée et un financement soutenable.

Clémence de Villeneuve
Retour en haut